.

Comme je l'ai dit un peu plus à gauche, je vous souhaite la bienvenue !


Bon, la plupart d'entre vous me connaisse surement déjà via fic-dirus ou via ilias-world. Et me revoilà avec Warai !
Oh là, ça sent encore le Japon me diriez-vous. Effectivement, je retourne au Japon ! Mais ce n'est pas une fan-fic et l'univers et quelque peu différent. Du réalisme sans tout à fait en être.

Mais, je n'en dis pas plus !

Je ne m'attarde pas. Je vous demanderais juste d'être polis, tolérants, respectueux patati et patata. (je ne m'étale pas, là-dessus je n'ai jamais eu de problème *touche du bois* ). Ah et je n'ai pas besoin de vos commentaires pour écrire, mais de vos avis pour m'améliorer, donc si vous avez le temps de me critiquer quelques minutes, ne vous gênez pas !

Dans l'article suivant, le résumé... Qui n'est pas tout à fait un résumé, je vous l'accorde.


Bon voyage !


Pix : Un peu rien à voir, mais il n'y aura pas de visage pour mes personnages. Juste votre imagination. Puis j'adore ce genre d'image, qui seront souvent relié à la Guerre et autre imbécilité de ce genre.



L'humanité devra mettre un terme à la guerre, ou la guerre mettra un terme à l'humanité. [John Fitzgerald Kennedy]
.

# Posted on Wednesday, 18 June 2008 at 6:27 PM

Résumé.

Résumé.



Quand un filet de lumière réussit à percer de lourds nuages d'un ciel obscurci par la nature de l'homme.
Quand parmi les décombres de cadavres, de blessées, parmis le sang et la soif de rage se trouve un infime espoir.
Quand derrière les barreaux de l'adversaire, un joyeux rayon touche ses ennemis avec l'amour qu'il porte à la vie.
Quand le bonheur surgit de cet orage destructeur incessant, réussissant à unir deux êtres à l'opposé de tout.


Cela donne Warai, l'amour qui naît au sein d'une guerre.




A la guerre, on tue non pour tuer, mais pour ne pas être tué. [Henri Brialmont]


Ps : Ne comparez pas les persos à ces deux-là. C'est le symbole que je montre ici. Certaines images seront prises sur deviantart...

# Posted on Friday, 20 June 2008 at 12:03 PM

Edited on Friday, 27 June 2008 at 4:20 PM

. Prologue .

. Prologue .




" Aujourd'hui, les forces aériennes chinoises ont lancées une attaque sur Varsovie, capitale de la Pologne. Les dégâts matériels sont sérieux, et on compte à ce jour une vingtaine de morts pour des centaines de blessés. Un désastre. L'armée de l'air Polonaise a dit qu'elle allait très bientôt riposter... "



- Ah ! Ces satanées Chintoks ! Ils ne servent à rien, tous autant qu'ils sont !
- Papa, je te rappelle qu'ils ne font que se défendre.
- Se défendre, mon cul !
s'énerve activement mon père. Ils ne devraient pas exister !
- Ah oui et pourquoi ça ?
m'énervais-je à mon tour.
- Ils volent nos travails ! Les entreprises, NOS entreprises qui vont dans leurs pays, agrandissant le chômage chez nous. C'est pas normal. Ils n'ont qu'à être moins nombreux ces petits cons !
- C'est un pays pauvre, enfin c'était. Donc c'est normal qu'ils travaillent dès qu'ils le peuvent. Tu devrais t'en prendre aux patrons ou à notre pays pour qu'il y est des impôts aussi chers ! Vie chère, salaires hauts, patrons intéressés ailleurs.
- Ma pauvre fille, tu n'y connais rien. Tu es trop jeune
, rétorque t-il, essayant de mettre fin à la conversation.
- Et toi trop vieux donc trop simple d'esprit, c'est ça ? Tout le monde cherche toujours un coupable à tout, mais il faut voir plus loin que le bout de son nez !
- Tais-toi donc ! Tu ne travailles pas encore et tu penses tout savoir ? C'est pas parce que t'aimes cette espèce jusqu'à apprendre leur maudite langue que tu dois les défendre.
- Personne ne sait tout. Mais je sais réfléchir moi, je ne les défends pas, je sais qu'ils n'ont pas tort, nuance ! Et puis j'aime le Japon, et alors ? Qu'est-ce que ça peut te faire ?
rétorquais-je sans relever le mot "espèce" qui a tendance à me faire frissonner.


____Je me lève de table, maintenant en rage. Mes poings sont tellement serrés que les jointures en blanchissent. Mes yeux doivent lancer des éclairs et ma bouche frémit, prête à répliquer. Je sais que je devrais laisser passer ses coups de colère si futiles. Mais ça m'est impossible. C'est plus fort que moi, il faut que je le contre-dise quand je sais qu'il a tort. Surtout qu'il sait que j'y suis sensible.
Ma mère essaye de nous calmer. Sa voix si calme et douce ne sert strictement à rien.


- Voyons Anaya, calmes-toi s'il te plaît. Et toi chéri, arrêtes de les insulter, tu sais bien que cela énerve notre fille, tente t-elle, pas sure d'elle.
- Dis-lui toi à cette satanée enfant que j'ai raison ! Ils nous volent, les voleurs ont les emprisonnent, c'est la loi.
- Mais la loi ne tue pas des gens ! Putain mais où va le monde ! Et ils ne volent rien du tout !
- Pas de grossièretés jeune fille,
il se met debout à son tour, tout aussi enragé, tes paroles sont celles d'une traitresse. Je sais que tu portes une adoration inutile pour ces asiatiques de pacotille, mais ça a intérêt de changer. Je n'accepte pas ça chez moi, tu dois être pour ton pays !
- Mon pays ? Je le maudis, ce pays. Il envoie des innocents se faire tuer, leur ordonne de tuer d'autres innocents. Je suis contre la guerre, et c'est ce pays qui l'a déclaré. Je voudrais être née ailleurs, en Antarctique par exemple ! La France et les Français sont cons, c'est pas nouveau !



____Je ne vois pas sa main partir, qui vient directement rencontrer ma joue blanche dans un claquement sec et sinistre. Telle la déchirure d'un tissu. Notre relation père/fille ? Je lui jette un dernier regard aussi noir que son esprit si fermé avant de faire demi-tour et monter dans ma chambre, sous les rires mal atténués de ma s½ur. Biologique tout du moins.


- Je regrette de t'avoir fait ! Crie t-il avant que je ne ferme brusquement ma porte.


____Une fois dans cette pièce que je n'affectionne pas particulièrement, je fais les cent pas. Tous les jours, c'est pareil. Ça en devient une routine, un rituel. Je pourrais le changer, mais je ne peux le laisser les insulter si injustement.
____C'est à cause de l'Europe, personne d'autres. Tout d'abord, il y a eu ces meurtres en série, à Berlin, Paris, Madrid et Londres, des centaines et centaines de personne d'origine asiatique ont été tué. Tout ça pour quoi ? Parce que le taux de chômage en Europe a augmenté de 25% à cause de la délocalisation de nombreuses usines.
____Et le gouvernement n'a rien fait de particulier, prétendant ne pas avoir trouvé les coupables. Mon cul oui, ils n'ont pas cherchés, tout simplement.
____Puis, il y eu cette histoire de l'avion "justicier". Un avion de guerre, avec à bord cinq personne d'Allemagne et de France, a fait un "tour" dans les pays de l'Asie de l'est. Tout ça pour quoi ? Bombarder Séoul, Pékin, Oulan-Bator, Tokyo et Bombay. Ils se sont attaqués à cinq pays. Qui n'avaient rien demandé.
Il y eu des milliers de morts. Cinq capitales, ils savaient ce qu'ils faisaient. Je déteste ça. Une haine inique qui cause le malheur de beaucoup de personne. Et on est censé être une démocratie, elle est belle cette déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. C'est comme si tous étaient en manque de sang et d'armes. Ils exterminent les asiatiques, autrefois c'était les juifs. Chacun son tour comme dirait mon père, ce raciste immonde.

____Et moi je suis là, à attendre. J'aimerais bouger, mais comment ? Je ne sais pas. Aider ceux qui en valent la peine. Je suis cloitrée dans cette chambre avec pour seule compagnie mon espoir. Depuis peu, le ciel reste gris, comme si il était en osmose avec le monde. La température chute dangereusement. De temps à autres, quelques fois par jour, j'entends les moteurs des avions. L'armée passe souvent dans nos rues, aussi. Evidemment, après tout on ne sait jamais, on peut subir une attaque étant donné que ma ville est la capitale de France.
____Paris, la belle Paris. Si affreuse à mes yeux. Je vomis mon dégoût à la vue de l'animosité qui sort de ses rues. Je la sens d'ici, cette connerie humaine. Autre qu'à trois mètres sous moi.

____Bientôt, ils vont lancer la bombe atomique. Ça leur coûtera cher, c'est pour ça qu'ils pèsent le pour et le contre. Savoir si envoyer quelques armées ne sera pas suffisant pour éradiquer la " race jaune " , terme employé par le premier ministre. Et puis, les effets seconds de cette bombe ne sont pas à ignorer. C'est dangereux, ils ne sont pas assez bêtes pour ne pas le savoir.

____Même l'ONU, qui a été crée après la deuxième guerre mondiale, afin de maintenir la paix ne fait rien, pire, il semble approuver. Les représentants chinois, japonais, hindous, mongoliens et coréens et autres pays voisins en sont partis. Enfin, deux sont morts : celui de la Chine et celui de la Corée.
____C'est un désastre. Tout s'est déroulé si rapidement, je n'ai pas eu le temps de comprendre. Et j'ai l'impression que personne ne se rend compte de l'atrocité de la situation. C'est comme si la rage s'était enfouie dans chaque cellule des humains de ce monde, hormis les asiatiques qui semble garder une certaine humanité. Et moi.
____Tous mes amis, anciens dorénavant, sont de l'avis de mon père. Ma s½ur d'un an mon ainé également. Et ma mère, ce qui m'a surpris étant de nature pacifique, même si elle ne le montre pas autant que mes proches.
____Je ne parle pas de la famille. A chaque réunion familiale, j'ai l'impression que mes tympans vont exploser à trop entendre d'absurdités et mon c½ur lâcher à trop éprouver de rancune.


Toutes les guerres sont civiles, car c'est toujours l'homme contre l'homme qui répand son propre sang. [Fénelon]


~




Mise en situation de l'histoire.
Je vous avez prévenu, c'est du réalisme sans tout à fait en être. Il faut essayer d'imaginer l'état du monde, la mentalité de l'Europe... Je ne sais comment vous expliquer, mais j'espère que vous avez compris où je veux en venir.
Sur ce.
. Prologue .

# Posted on Thursday, 26 June 2008 at 2:45 PM

Edited on Thursday, 26 June 2008 at 4:32 PM

. Chapitre 1 .

J'avoue que l'histoire sera un chouilla longue à démarrer (vers le chapitre 3-4)... Veuillez m'en excuser d'avance ^^ .


. Chapitre 1 : Tilt. .




" Comme prévu, la Pologne a contre-attaqué, avec l'aide de l'Allemagne. Bilan : quelques morts, une centaine plus ou moins. Et beaucoup de dégâts matériels, évidemment. Ils comptent continuer d'assaillir la Chine, jusqu'à la destruction total de ce pauvre pays. C'est plutôt positif étant donné que quelques patrons de grandes usines sont revenus en Europe par l'intermédiaire de jet-privé. Encore... "



____Je ravale ma grimace de dégoût et décide de sortir, ne souhaitant en entendre plus. C'est peut-être aussi les médias qui influencent la population. Les gens sont si facilement influençables. Par contre les journalistes aiment avoir des idées uniques, quelques-uns devraient sortir du lot. Mais non. C'est peut-être de l'oppression ou un grand manitou qui menace, afin de pouvoir tirer les ficelles.
____A quoi donc je pense. Mon esprit aussi commence à dérailler, d'une tout autre manière certes, mais cela ne pourrait être vrai. Remarque, avec tout ce qu'il se passe, je pourrais voir un OVNI se poser devant moi avec des petits bonshommes verts en descendre, ça ne me ferait rien. Je leur demanderais surement de l'aide. Après tout, avec leur navire spatial et terrestre super-puissant ils pourraient certainement m'aider à régler cette situation plus que désastreuse. Enfin m'aider... je ne fais rien de spécial après tout.

____Bon, demain je demande à être enfermé dans un asile. Ça me permettra d'être coupé du monde. Plus de journal télévisé, plus de famille catastrophique. Je deviendrais très certainement folle à coup sur, donc pas de remords ou de regrets. Oui, ça me semble être une bonne solution.

____Je continue de marcher à une allure plus que lente quand je vois quelques enfants jouer entre eux. A ce que je comprends, deux se prennent pour des japonnais, un couple apparemment, quand les autres arrivent, des militaires. Les autres braquent leurs armes sur la petite fille et petit garçon puis tire avec une facilité déconcertante, déclenchant l'hilarité de tous. Des enfants, pas plus de sept ans.

____Le choc m'arrête, et c'est là que je prends réellement conscience du cauchemar réel auquel je suis spectatrice. C'est la guerre là-bas, quelque part dans le monde. Des gens meurent, vraiment. Bien sur, des gens meurent tout les jours, mais là c'est pour une cause intolérable. C'est un vrai génocide. Et tout le monde accepte ça. Personne ne fait rien. Des gosses en rient parce que leurs parents en sont heureux, de cette barbarie.
____Je ravale mon amertume afin de ne pas être la meurtrière de ces gamins et fais aussitôt demi-tour. Les idées m'embrouillent et les rues commencent à défiler rapidement. Je m'aperçois que je cours, vite. C'est rare. Je fuis, en faite. Cette réalité qui vient de me frapper en pleine gueule. Il y a injustice, et je suis spectatrice. Telle est la vérité. Je ne suis pas mieux que les autres finalement.

____J'arrive enfin chez moi, mais ne ralentis pourtant pas la cadence. Je monte les marches de mon escalier aux couleurs sombres deux par deux. Je saute avant les trois dernières et rebondit sur le palier. Toujours en gardant ma vive allure, sans répondre aux appels inquiets de ma mère, j'ouvre en grand la porte de ma chambre.
____Un rapide coup d'oeil et je repère un grand sac au-dessus de ma grande armoire. Sans réfléchir, je grimpe sur ma chaise et l'attrape. L'ouvre et fourre quelques habits, sous-vêtements à l'intérieur. Sans oublier un cahier à dessin et un crayon de bois, mon passeport, des écouteurs, ma carte d'identité et mes économies.
____Tremblante, je referme maladroitement le bagage noir qui a seulement doublé de volume. Je ne sais pas vraiment ce que je fais, mais je sais que si ce n'est pas maintenant, ce sera jamais. Et le jamais, je ne le supporterais pas. Autant en profiter pendant que je suis dans mon excès de folie.

____C'est ma soeur qui me sort soudainement de ma torpeur tandis que je jette le sac sur mon épaule gauche.


- Mais qu'est-ce que tu fais, imbécile ? Crie t-elle, déconcertée.
- Je me barre de cet endroit, j'avance vivement avant de changer d'avis, pousses-toi de mon chemin p'tite conne !
- Non mais ça va p- ...



____Je la pousse fortement et elle tombe, se taisant par la même occasion. Sans daigner la regarder, je me rejette sur l'escalier, dans le sens inverse. J'entends les pas de ma mère et l'esquive habilement, ne souhaitant lui faire de mal. Avant, j'adorais ma mère. Elle était douce, toujours à l'écoute et très tolérante, contrastant avec mon père. Comme on dit, les contraires s'attirent. Mais depuis le début de ce massacre, ses idées ont changé, et mon admiration envers elle aussi. Cependant, je n'arrive pas à la détester, comme je déteste ma soeur et mon père. Ça m'est impossible. Peut-être qu'une infime part d'elle est encore bonne ?
Peut-être ou peut-être pas, qui sait.

____Elle me parle mais je ne lui réponds pas. Ne comprenant même pas ses mots. N'ai pas envie. Mes poumons commencent à me faire souffrir, mes jambes aussi. Je n'ai plus l'habitude de courir comme ça. Plus depuis que je suis morte, en quelque sorte, de l'intérieur. Me morfondre, j'en passe mes journées. Au lycée, à la maison, en balade. J'ai même arrêté de dessiner, n'y trouvant plus l'inspiration.
____Là, depuis quelques minutes, malgré ma respiration saccadé, je retrouve la joie de l'oxygène. Surement l'effet de l'adrénaline qui parcourt mon corps, qui me donne l'impression de revivre. C'est si bon.

____Je retourne dans la rue et m'empresse de semer ma mère qui essaye de me suivre. Je la sens alarmée, je m'en fous. Le sourire aux lèvres, je continue de courir ou fuir. Au choix.
____Je passe dans une ruelle, tourne dans une autre. M'éloigne, m'égare. Je n'en ai aucune idée. Ce n'est qu'au moment où mes jambes se mettent à trembler que je m'arrête, complètement épuisée. Je tousse férocement, essuie les nombreuses gouttes de sueurs sur mon front puis repose mes mains sur mes genoux pliés.
____Je suffoque, un long moment. Etant vraiment éreintée, je me pose sur une des trois marches menant à une porte. Rapide regard vers le panneau indiquant la rue, que je ne connais pas. Ce n'est pas grave, je ne compte pas rester ici, de toute façon.

____Une fois calmée, je m'interdis de penser à ce que je viens de faire et sort mon téléphone portable de ma poche. Je trouve rapidement sur le web le numéro des nombreux service que propose Paris. Je note celui des taxis et appelle.


- Taxis drivers j'écoute, me répond une voix au timbre agacé et las.
- Bonjour, je souhaiterais aller à l'aéroport Charles de Gaulle.
- Z'êtes où ?



____J'indique le nom de la rue et le numéro de la porte. Elle me signale qu'un taxi arrivera dans les dix minutes et me raccroche sans un au revoir. Quelle politesse, j'hallucine. Plus jamais je ne les rappellerais. De toute façon, j'en aurais plus l'occasion.
____J'insère mes écouteurs dans mon téléphone et met de la musique en route. Il ne faut surtout pas que je pense. Y a pas moyen, je serais capable de faire demi-tour. J'ai une idée fixe et je la suivrais, point.

____Enfin, je vois une voiture grise avec le panneau "Taxi " en jaune accroché sur le toit. Je saute sur mes pieds, reprends mon sac en main et monte à l'arrière. Le chauffeur se retourne et me gratifie d'un gentil sourire.


- Charles de Gaulle, n'est-ce pas ? me questionne t-il poliment.


____J'acquiesce d'un léger signe de tête avant d'attacher ma ceinture. Il est assez vieux, je dirais la cinquantaine. De nombreuses rides marquent son visage à la peau basané. D'origine arabe, certainement. Vu son accent et ses yeux d'un noir profond et un peu cernés. Il porte une moustache grise, de la couleur de ses courts cheveux.
____Je le vois me jeter un coup d'½il dans le rétroviseur et je fais mine de me concentrer sur la route.

____Les paysages défilent, gris et monotone. Sans un brin d'herbe. Beaucoup de militaire circulent, se pavanent dans leurs tenues qui me dégoutent, fiers. Comme si il y avait de quoi être fier. Tous des moutons, à suivre le troupeau, peu importe où mène ce dernier.
____J'aime considéré les gens sans personnalité de mouton. Pour moi, ces animaux sont d'une intelligence très limitée. Quoique dès fois, je me demande qui est le plus con.
____Comme quoi, on ne peut jamais rien cataloguer. Un mouton est plus bête qu'un humain, mais celui-ci peut l'être encore plus. Cela dépent.

____Il y a un peu plus d'une heure de route avant d'arriver. Que faire pendant ce temps ? Je vais laisser mes pensées divaguer pendant que j'écoute de la musique, il en n'est pas question. Regarder les rues défiler va me donner le mal du transport, même si ce pays suffit à me donner envie de vomir.
____Parler au chauffeur, ça ne servirait à rien. Je n'ai rien à dire. Dessiner, je n'ai pas d'inspiration pour le moment et la route est trop instable.

____Après avoir longuement réfléchit, je décide d'arrêter la lecture du titre en cours et parcours le dossier des jeux. Là, j'en trouve un que j'affectionne particulièrement : Snake. Le serpent qui, en mangeant des points noirs, grossit. Mais il ne faut pas qu'il se mange. Un jeu futile mais j'aime bien.
____Je met la vitesse au trois quart de son maximum et commence à tapoter sur mes touches. Au bout d'un moment, je suis complètement dedans et peste même à voix haute au moment où il se prend sa queue, ne remarquant pas le coup d'oeil amusé du conducteur.


____Je lève ma tête à l'appel du chauffeur, une expression éberlué sur le visage. Il s'esclaffe doucement avant de me prévenir que je suis arrivée. Je jette un regard dehors et m'aperçois que je suis face à l'imposant bâtiment qu'est l'aéroport. J'éteins mon portable, le remercie avant de le payer avec un peu de pourboire.
____Je sors ensuite du véhicule pour entrer aussitôt dans le grand hall bondé, me dirige vers une des nombreuse caisse et attend. Une dizaine de personne sont devant moi.
____Le brouhaha qui émane de l'endroit me distrait. Des enfants courent, des gens sont assis sur des rangées de chaises en plastiques. Un soupir m'échappe quand je me rends compte que je ne sais pas où aller. Tous les avions menant aux pays asiatiques sont supprimés. Il ne me reste plus qu'à trouver une quelconque destination, afin de me rendre au Japon. Après tout, je maitrise très bien la langue. D'après ce que j'ai pu voir sur internet, on peut aller là-bas par l'intermédiaire d'une "société" au Mexique. Clandestinement, évidemment.
____Je soupire, une fois n'est pas coutume, et la file d'attente diminue.

____Mes neurones fonctionnent à leur maximum. Il ne faut pas que j'atterrisse n'importe où. Impossible de demander des renseignements sur le comment pour aller là-bas, on me prendrait pour une folle et je serais aussitôt signalée aux autorités.
____Je regarde évasivement les panneaux d'affichage. Des avions pour New-York, Berlin, Londres, Madrid, Lisbonne... Rien de bien intéressant. Je vois ensuite Varsovie, Saint-Petersbourg, Moscou... Moscou, c'est en Russie ça non ? Ce pays me semble neutre pour l'instant, et il suffit de le traverser pour ne plus être bien loin du Japon.

____Pourquoi ne pas tenter ? Je suis partie sans rien, à l'aventure. Autant jouer le jeu jusqu'au bout. Je verrais bien où tout cela me mènera. Le seul malus est que je n'ai aucune, mais alors aucune base en leur langue.
____Tant pis, il doit bien y avoir quelques russes qui parlent anglais. C'est la langue internationale après tout. De plus, l'avion part dans une heure. Je devrais avoir le temps de partir sans que l'on me retrouve... Enfin, j'espère. Tout peut tomber à l'eau d'une minute à l'autre.

____Arrive mon tour et je demande un billet pour Moscou. Je tends mon passeport à l'hôtesse au fond de teint trop voyant et yeux trop verts pour être vrais. J'essaie de ne pas lui faire sentir mon stress. Ce qui a l'air de marcher vu qu'elle ne me regarde de façon neutre, sans se poser de questions. A moins que ce soit dû à sa blondeur trop naturelle.
____Elle finit par me rendre ce petit livret précieux. Me demande de quel façon je paie, si j'ai l'intention de reprendre l'avion une fois là-bas. Je répond tant bien que mal, empêchant ma voix de dérailler. Puis je finis par quitter la file, soudainement soulagée, le billet en main.
____Il ne me reste plus grand chose sur mes économies. De quoi me payer une semaine dans un bon hôtel. Un mois dans un hôtel bon marché, à peu près.
____Mais non suis-je bête ! Là-bas, ce ne sont pas des euros. Finalement, mes économies ne servent plus à rien.

____Je me dirige vers une des corbeilles et prend mon portable. Celui-là non plus ne me servira plus à rien. Je suis vraiment en train de faire une croix sur ma vie.
____A moi la liberté. Mais j'ai comme un mauvais pressentiment en pensant à ce mot. Liberté. Serais-je vraiment libre ? Libre de penser, surtout ?

____Je jette mon cellulaire au fin fond de ces ordures, sans un regard d'adieu pour lui.

Qui vivra verra.



"Il ne faut pas désespérer des imbéciles. Avec un peu d'entraînement, on peut arriver à en faire des militaires." [Desproges] (Merci Mio ^^ )



~


Rien de spécial à dire, si ce n'est merci pour vos nombreux commentaires et désolé pour LE pavé... (Z'inquiètez pas, j'crois que c'est le seul chapitre où il n'y a presque pas de dialogue...)
Je mettrais l'image plus tard, je n'ai pas trop le temps là >_< .
Beez" à toutes.

# Posted on Monday, 30 June 2008 at 6:44 AM

Chapitre 2 .

. Chapitre 2 : Décollage .





- Et bien qu'a t'il fait ce téléphone ?



____Je sursaute de surprise et me retourne vers la voix masculine. C'est un garçon, mon âge je dirais. Un adolescent au sourire dragueur. Ses yeux sont d'un bleu séducteur encadré par des mèches brunes, ses lèvres fines et roses. Je lui renvoie son sourire, plus par politesse que par envie.


- Il ne fonctionne plus.
- Ça peut toujours servir tu sais.
- Je n'ai qu'à en racheter un autre,
répliquais-je, assez agacé.
- Oh... il marque un temps d'arrêt mais reprend en s'approchant, et mis à part ça, tu vas où ? Sans indiscrétion...


____Je soupire fortement, lui faisant hausser un sourcil.


- Ecoutes, j'ai pas envie de taper la discut' avec un petit ado qui s'prend pour un beau gosse. Au revoir.



____Ses yeux s'écarquillent mais je me retourne avant qu'il ne me réponde. Non mais vraiment, il me prend pour qui exactement. J'ai quand même pas l'allure d'une de ces pisseuses qui gloussent dès qu'on les aborde. Quelle insulte.
____Je me dirige d'un pas lent vers un siège, sans faire attention aux gens autour de moi. Après m'être assise plutôt lourdement, je laisse tomber ma tête en arrière, contemplant le plafond blanc sans le voir.
____Que suis-je donc en train de faire exactement ? J'ai toujours été une inconsciente, ne prenant jamais garde aux dangers qui m'entourent, ne réfléchissant jamais aux résultats de mes actes. J'avance sans reculer, ni faire de détour. Tête la première, yeux fermés.
____Non, il ne faut pas que j'y pense. La seule chose que je refuse d'avoir, ce sont des remords. Et avoir des frissons de peur, je déteste ça. Heureusement, c'est plutôt rare. Mais là, l'adrénaline est partie et je n'arrive pas à savoir ce que je ressens.
____Les pleurs d'un enfant me sortent de mes pensées et je me redresse correctement en regardant dans sa direction. Une petite fille se tient le poignet, les larmes aux yeux. Sa mère, qui s'est assise à côté de moi - je ne sais à quel moment - frotte la blessure de la fillette, pensant que ça va calmer la douleur.
____Irritée par les piaillements aigus, je m'immisce entre elles.


- Excuses-moi madame, me permettez-vous de regarder ? Je fais des études en médecine...
- Oh euh...
elle me regarde, étonnée, oui, allez-y.


____Je lui souris faussement et attrape la main de la gamine. J'appuie sur quelques endroits et à deux fois elle étouffe un cri. Voyant que sa peau commence à gonfler, ma langue claque. Un tic que j'ai toujours quand, étant concentrée, je trouve ce que je cherche.


- Ce n'est rien, juste une foulure. Mettez de la glace dessus et je pense que ça ira mieux.
- Oh, merci Mademoiselle !



____J'esquisse un petit mouvement de main et elle part presque en courant, entrainant sa fille.
Y a pas à dire, j'ai beau détester les humains à un point inimaginable en ce moment, l'envie de les aider est plus forte. La solidarité la remporte sur la haine. Si seulement ce serait l'inverse, je n'aurais pas à me sentir si inutile en imaginant des vies s'envoler à l'autre bout du monde.
____Je regarde furtivement les panneaux d'affichage. L'avion pour Moscou monte au fil des minutes. Dans trente minutes environ, il sera là.
____Attendre, toujours attendre. Ma patience est limité, tout de même.


- Je vous remercie une nouvelle fois, elle ne pleure plus.


____Je sursaute, pour la deuxième fois en si peu de temps, et me tourne vers la revenue.


- Oh mais ce n'est rien. J'aime aider les gens.
- C'est vraiment gentille, si il y avait plus de jeunes comme vous...
me dit-elle, l'air contrariée.
- Il y a des jeunes cons, mais des vieux cons aussi, contrais-je, de nouveau irritée.
- Je ne pense pas... Les jeunes de nos jours sont vraiment indisciplinés. Heureusement qu'il y a des exceptions.


____Sa voix aigre me perce les tympans et je sors un malheureux "oui, oui" , histoire de finir cette conversation qui commence à m'éreinter. Malheureusement, telle une sangsue, elle s'accroche.


- Où allez-vous comme ça ? me demande t-elle, courtoise mais trop fouineuse.
- En Russie, répondis-je, le plus froidement possible. Mais elle ne se laisse pas démonter.
- J'adore la Russie ! Qu'allez-vous faire là-bas ? question trop curieuse à mon goût.
- J'ai de la famille.


____Mon ton est sec et je crois bien qu'il calme son ardeur. Ça m'apprendra à porter secours à n'importe qui. Elle m'a prise pour quoi, une personne sociable ?
____Je m'enfonce un peu plus dans le plastique dur. Plus que quelques minutes, et je pourrais m'en aller. Je jette alternativement des coups d'½il vers la grande horloge et les portes d'entrées, inquiète. Pourvu que l'avion arrive en avance. Si mes parents possèdent un peu de jugeote, ils vont certainement prévenir la police, qui va vérifier si une certaine Anaya Ploty est passée ici ou ailleurs.


" Les voyageurs à destination de Moscou sont priés de se rendre au couloir d'embarquement n°13 .
Je répète : Les voyageurs... "



____Je bondis sur mes deux pieds et me met à chercher du regard le couloir 13 [1]. C'est un chiffre porte malheur ça, non ? Pas grave, je ne crois pas en ces choses futiles.
____Le repérant, je m'y avance en essayant de garder un rythme normal. Tout va se jouer dans quelques minutes. Je croise mes doigts tout en tendant le billet à l'hôtesse, qui m'a l'air plus naturelle que celle de l'accueil.
____Je traverse les quelques mètres qui me séparent de l'avion, tends une nouvelle fois mon billet afin qu'une autre femme m'indique mon siège.
____Deuxième partie de l'avion, dernier rang à gauche, côté hublot. Une place qui me plaît, je n'aime pas sentir une présence dans mon dos. Par contre j'adore toute sorte de paysage. Le ciel en est un que je n'ai encore jamais vraiment découvert, hormis en restant au sol. Ça sent le dessin.

____Je jette mon sac dans un des compartiments du dessus, en prenant bien soin de ne pas oublier mon cahier, crayon de bois et ma gomme. Je m'installe ensuite confortablement dans le fauteuil de couleur crème, pose une main sur l'accoudoir et commence à gribouiller sur une page blanche. Rien d'autres que la rangée de sièges dans mon champs de vision.
____Je sens quelqu'un s'asseoir près de moi mais ne m'en occupe pas, trop plongée dans ma passion. Peu à peu, au fur et à mesure que le brouillon devient net, la légèreté s'empare de mon corps. Je ne suis plus stressée, sereine et calme. L'impression de suffoquer est partie pour mon plus grand bonheur et c'est donc avec ce sentiment d'aise inexplicable que je souris de bien être. Ça vient du c½ur, ce qui ne m'était pas arrivé depuis un bout de temps.

____Les hôtesses en costume marine et blanc attirent notre attention. Elles nous explique comment attacher nos ceintures, les gestes à effectuer en cas de pépin et autre chose inutile. Radotant au moins une dizaine de fois, je grogne de mécontentement. C'est bon, on est pas des imbéciles non plus.


- Oh mais tu es la fille de tout à l'heure.


____Je me tourne vers mon voisin et reconnait le gars que j'ai abandonné près de la poubelle. Nouveau soupir. Ce n'est peut-être pas inutile finalement de répéter quinze fois la même chose pour certaines personnes.


- Comme on se retrouve, lui répondis-je avec une ironie non cachée.
- Oui, ça fait plaisir.
- Cool.
- Moi c'est Johnatan, mais tu peux m'appeler John,
se présente t-il ne se laissant nullement démonté.
- Cool, répétais-je, pas du tout intéressée.
- Et toi ?


____Il ne se laisse vraiment pas abattre le coco. Ca en devient presque chiant. J'inspire et expire profondément, ne souhaitant provoquer un désastre en m'énervant comme une folle.
____Une fois calmée, je relève ma tête et ancre mon regard noisette dans le sien.


- Ecoutes, soit t'es con, soit tu le fais exprès. Je pencherais plutôt pour la première solution. J'ai pas envie de te causer, tu peux le comprendre ça ? Alors va voir ailleurs et lâches-moi la grappe, petit.


____Il ouvre la bouche, voulant certainement me dire quelque chose. Mais les éclairs que je lui lance l'empêche d'aller plus loin. Il se contente donc de me sourire et finit par se détourner.
____Soulagée, je m'attache tranquillement et me remet à dessiner sur ma feuille. Sur cette Terre, il y a vraiment toute sorte d'individus. Incroyable.

____Finalement, l'avion démarre et bizarrement, le sommeil me gagne. Etant donné que l'énergumène à côté de moi m'a gâché mon plaisir, je lâche mon crayon et pose tranquillement le tout sur mes genoux. Je sens l'oiseau de fer s'élever. Mon c½ur avec. Ma respiration se coupe net jusqu'à ce qu'il reprenne un équilibre normal. Cela s'appelle un décollage. Et c'est géant, j'adore cette sensation de vide.
____Fatiguée par cette dure journée, je ferme mes yeux. Le calme de l'endroit, seulement brisé par quelques murmures, me berce et je sombre finalement dans les bras de Morphée.


En temps de paix, les fils ensevelissent leurs pères ; en temps de guerre, les pères ensevelissent leurs fils. [Hérodote]



~

[1] Je crois que le chiffre 13 n'existe pas dans les aéroports, justement pour les personnes trop superstitieuses. Mais tant pis.

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Nouveau chapitre, et je suis morte (quel est le crétin qui a dit que le travail c'est la santé ?) . Enfin bon, j'vous remercie encore et toujours de vos commentaires.
Beez" à toutes !
Chapitre 2 .

# Posted on Thursday, 03 July 2008 at 10:42 AM